Au coeur des projets, les hommes

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La construction du monde

La construction du monde

La communication entre deux personnes est influencée par la façon dont chacune envisage sa construction du monde.

L'expression de "la construction du monde" est empruntée à Mony Elkaïm, neuropsychiatre, directeur de l'Institut d'Études de la Famille et des Systèmes Humains de Bruxelles.

Le courant philosophique du constructivisme propose une approche de la connaissance reposant sur l'idée que notre image de la réalité, ou les notions structurant cette image, sont le produit de l'esprit humain en interaction avec cette réalité, et non le reflet exact de la réalité elle-même. Kant a défendu la théorie selon laquelle la connaissance des phénomènes résulte d'une construction effectuée par le sujet.

L'individu construit sa réalité à partir de ses perceptions. Or, nos perceptions sont conditionnées par nos croyances. Nous ne percevons que ce que nous nous attendons à percevoir ("On ne voit que ce qu'on croit." Humberto Maturana). Toutefois, la réalité existe bel et bien.

Pour chacun d'entre nous, sa propre construction du monde est donc un filtre personnel ; elle se fait à partir du contexte dans lequel il évolue (familial, professionnel, social, économique, géographique, politique...). Bien entendu, pour éviter les distorsions qui risqueraient de faire douter de notre santé mentale, il est préférable que le filtre corresponde à la réalité ! Si on considère la réalité comme étant le territoire, notre construction du monde est notre carte pour connaître ce territoire. Aucune carte ne peut représenter la totalité du territoire, sous tous ses aspects. Ce qui n'empêche pas que, pour vivre avec les autres, il vaut mieux partager la même carte.

Lorsque deux individus entrent en interaction par la communication, chacun va confronter sa vision du monde avec celle de l'autre. Ceci présente plusieurs difficultés :

  • Le risque d'une observation présentée comme extérieure est de contraindre l'autre à l'accepter ou à s'opposer. Comme si la perception de l'un et de l'autre entraient dans un jeu à somme nulle, où il ne peut y avoir qu'un gagnant.
  • Il y a risque de confondre ce que "j'observe" ("moi, je...") et ce qui "est". "Je" cherche alors à imposer "sa" réalité.
  • Une des difficultés que nous avons à écouter la construction du monde de l'autre, c'est que nous pensons qu'écouter, c'est cautionner.

Si l'on est comprend le principe de la construction du monde, alors, pour faciliter les interactions avec les autres, l'idée est de chercher dans quelle mesure les croyances peuvent coexister. Une perception n'annule pas l'autre, mais l'enrichit. Il faut passer du "ou ... / ou ..." exclusif (ou j'ai raison, ou tu as raison) au "... et aussi ..." (j'ai raison, et toi aussi tu as raison). Les nouvelles visions n'annulent pas les anciennes, elles s'y ajoutent.

En communication, on pourra recourir à la technique du recadrage, qui consiste à réorganiser l'observation, par exemple en utilisant la formulation "... et aussi ...". Je vous propose d'y revenir dans un prochain article.

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