Au coeur des projets, les hommes

Ma mission : contribuer à l'évolution des groupes humains vers le bien-être et la performance

Au coeur des projets, les hommes

Trancher le noeud gordien

Trancher le noeud gordien

L'année 2014 s'achève. Elle fut difficile, morose, marquée par la crise, jalonnée de mauvaises nouvelles, de noirs oracles... Pour en finir avec ce climat délétère, quoi de mieux que d'évoquer un moyen expéditif de résoudre les problèmes : trancher le nœud gordien.

Gordius était un laboureur de la Phrygie qui n'avait pour toute richesse que son chariot et ses bœufs.

Quand les Phrygiens voulurent se donner un roi, ils consultèrent l'oracle, et l'oracle leur répondit de prendre le premier homme qu'ils verraient monté sur un char. Cet homme fut Gordius. Il donna son nom à la ville de Gordium, capitale de la Phrygie. Le char de Gordius, que Midas, son fils, consacra à Jupiter, est resté célèbre par le nœud qui attachait le joug au timon, et qui était si habilement enlacé qu'on ne pouvait en apercevoir les bouts.

Quand Alexandre, vainqueur de la Phrygie, se fut rendu maître de Gordium, il apprit que, selon la prophétie, quiconque parviendrait à dénouer ce nœud se rendrait maître de l'Asie.

Aristobule prétend qu'il le délia avec la plus grande facilité après avoir ôté la cheville qui tenait le joug attaché au timon, mais on croit plus généralement qu'il coupa ce nœud d'un coup d'épée.

Le nœud gordien est resté dans le langage pour caractériser une difficulté qu'on ne peut résoudre, un obstacle qu'on ne peut vaincre. Se tirer d'embarras par un moyen expéditif et vigoureux, c'est trancher le nœud gordien.

Ce qui était remarquable (dans le temple de Jupiter), c'était un char qui, assurait-on, avait transporté le père de Midas, Gordios. [...] Le joug était une curiosité car bien des nœuds s'y mêlaient les uns aux autres dans un confus enchevêtrement. Puis comme les indigènes affirmaient que, d'après la prédiction d'un oracle, celui qui dénouerait le lien inextricable serait le maître de l'Asie, le désir vint au cœur d'Alexandre de réaliser cette prédiction. [...] La série des nœuds était si compacte que ni la réflexion ni la vue ne permettait de saisir d'où partait cet entrelacement et où il se dérobait. [...] Sans résultat, Alexandre lutta longuement contre le secret de ces nœuds. "Peu importe," dit-il alors, "la façon de les défaire" et de son épée il rompit toutes les courroies, éludant ainsi la prédiction de l'oracle - ou la réalisant.

Quinte-Curce, Histoires, III, 1,14-18

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :