110. Le principe du petit pingouin - Apprenez à lâcher prise

Publié le par Sirieix

110. Le principe du petit pingouin - Apprenez à lâcher prise

Le petit pingouin veut bien faire : il répond toujours présent lorsqu'on fait appel à sa bonne volonté, il cherche à s'adapter. Seulement voilà, il en arrive peu à peu à ne plus pouvoir suivre la cadence : il se sent mal dans sa peau, il souffre. Un jour - après bien des tourments - il comprend qu'il lui faut s'occuper de ce qui compte vraiment à ses yeux.

L'histoire de ce petit pingouin, et le remède pour apprendre à lâcher prise, sont racontés par Denis Doucet dans son livre "Le principe du petit pingouin" (Québécor, 2009) : "Tout organisme vivant soumis à des caractéristiques environnementales inverses à sa nature va progressivement dépérir, ses besoins ne trouvant plus une réponse suffisante pour assurer son plein développement."

Le point de départ est une manipulation : en exploitant la bonne volonté du petit pingouin, on l'amène à faire toujours plus de choses qui ne lui apportent rien.

En fait, ce dont souffre ce petit pingouin, c'est du syndrome de suradaptation. S'adapter, c'est tenir compte de son environnement pour optimiser la satisfaction de ses besoins. Se suradapter, c'est répondre aux normes sociales, à des attentes explicites ou implicites, parfois internalisées, construites dans le passé, parfois anticipées, induites par le futur. En agissant à l'encontre de sa propre nature, la personne fait "des efforts surhumains pour ressembler à ce travailleur idéal dont rêve le patron, à cette image de femme idéale dont rêve le mari, à celle du fils idéal dont rêvent les parents, à ce partenaire sexuel idéal dont parlent les articles dans les magazines, à cet étudiant idéal auquel s'attend le professeur, à ce chic type idéal que souhaitent les amis..." Elle ne prend pas le temps de réfléchir à ce qu'elle veut vraiment, au sens de sa vie, à ce qui est réellement important pour elle. Et si l'individu n'arrive pas à être à la hauteur de ces attentes, alors il se sent coupable.

Après quoi courez-vous ? En avez-vous vraiment besoin ?

Première piste : faisons la distinction entre "j'ai besoin", "je veux", "je dois", "je choisis".

Nous avons besoin de ce qui est vital, de ce qui ne peut pas être négligé sans risque grave : manger, dormir, vivre avec ceux qu'on aime, assurer sa sécurité financière... Un besoin se formule en termes génériques, de façon globale : "j'ai besoin de manger" et non "j'ai besoin d'un éclair au chocolat". Il doit être distingué du moyen de l'assouvir : on ne peut pas nous déposséder de notre besoin !

Ce que nous voulons est lié à nos croyances, à nos représentations : des enfants, une belle maison, une brillante carrière, aider les autres, voyager. Il s'agit d'une intention volontaire. Attention à ce que cette intention soit bien vôtre, et non le fruit d'une introjection, l'intention qu'un autre a projeté sur vous.

"Je dois" suppose une autorité extérieure qui sait ce qu'il faut faire, qui dit comment se comporter (la loi, la religion, le savoir-vivre, le bon sens, les recettes magiques de l'auteur de best-seller...)

"Je choisis" implique d'assumer ses besoins, d'en porter la responsabilité et de s'en occuper. Du coup, on ne peut plus recourir à l'argument si facile de "c'est la faute à..." On fixe soi-même la direction qu'on veut suivre, on applique le principe "je veux ce que je fais" à ses actions.

Deuxième piste : lâchons prise.

Laissons tomber ce qui ne nous mène nulle part, et ne sert que les volontés des autres. Ne nous culpabilisons pas, ne jouons pas les victimes. Ne laissez personne prétendre qu'il sait mieux que vous-mêmes ce que vous voulez ou qui vous êtes.

Troisième piste : clarifions "être / avoir / faire / paraître".

Notez ce que vous aimeriez avoir, ce que vous aimeriez pouvoir faire, et comment vous aimeriez paraître aux yeux des autres. Puis, pour chaque élément, posez-vous la question "qu'est-ce que ça changerait en moi, comment changerai-je, si je pouvais avoir... si je pouvais faire... si je pouvais paraître...." "Qu'est-ce que ça va me permettre d'être ?"

Quatrième piste : adoptons l'état de "flow" (Mihali Csikszentmihalyi).

L'état de flow, c'est le fait de s'engager à fond dans ce qu'on entreprend. C'est l'impression d'être à sa juste place, en train de faire et de vivre ce qui compte.

Once in a while it really hits people that they don’t have to experience the world in the way they have been told to.
Alan Keightley, Into Every Life a Little Zen Must Fall: A Christian Philosopher Looks to Alan Watts and the East