Au coeur des projets, les hommes

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Au coeur des projets, les hommes

137. Les deux branches de l'arbre

Il y a bien longtemps, sur une lande desséchée, se trouvait un arbre extraordinaire. Il était très vieux, aussi vieux, disait-on, que la Terre; et il donnait des fruits merveilleux, dorés et luisants comme des soleils. Ces fruits faisaient ployer deux énormes branches.

Hélas, personne ne pouvait profiter de ce don du ciel, car l'une des branches portait des fruits empoisonnés, et on ignorait laquelle. Tous salivaient donc devant ces fruits offerts, mais aucun n'y touchait.

Vinrent des temps de famine. Un printemps trop glacial dévasta les vergers, un été trop chaud et trop sec brûla les moissons. Seul le vieil arbre portait ses fruits, plus beaux que jamais.

Alors, les villageois se rassemblèrent sous ses branches, l'envie au coeur. Il leur fallait choisir : risquer la mort en mangeant les mauvais fruits, ou bien mourir de faim en n'y touchant pas. Ils tournaient autour de l'arbre, indécis, lorsqu'un vieil homme, que plus rien ne rattachait à la vie, osa faire le geste. Il cueillit un fruit d'une des branches, et mordit à pleines dents. Tous le regardèrent. Puis, voyant qu'il croquait et croquait encore, ils se précipitèrent pour se nourrir à leur tour. La chair des fruits était suave, elle rassasiait de la faim comme de la soif. Et miracle ! Au fur et à mesure qu'on les cueillait, d'autres fruits repoussaient. 

Durant plusieurs jours, la population du village festoya en riant de sa peur passée. Dire qu'ils avaient failli mourir de faim à cause de l'autre branche, la branche empoisonnée ! A quoi bon d'ailleurs garder cette maudite branche, aussi inutile que dangereuse ? A la nuit tombée, ils prirent des haches et la coupèrent au ras du tronc. Hélas, lorsqu'ils revinrent le lendemain, tous les fruits étaient tombés et pourrissaient sur le sol. Et l'arbre, le bel arbre aussi vieux que la Terre, était mort.

D'après un conte de l'Inde.

Le bien se nourrit du mal, et le mal se nourrit du bien. Il faut se garder de juger trop vite de ce qui est bien et de ce qui est mal.

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