Au coeur des projets, les hommes

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Le coup de Jarnac : une leçon de résolution de conflit

En 1547, le gentilhomme français Guy Chabot, baron de Jarnac, vainquit en duel François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie par un coup décisif et inattendu.

Les deux seigneurs étaient fort dissemblables : La Châtaigneraie était réputé pour sa taille et sa force, alors que Jarnac était chétif et malingre. Un différend les ayant opposé, il fut décidé que l'affaire serait réglée, comme il était coutume, par un combat en champ clos.

Le jour du "jugement de Dieu", chacun s'attendait à ce que Jarnac se fasse massacrer. Lorsque La Châtaigneraie apparut, les spectateurs n'eurent plus aucun doute quant à l'issue du tournoi. Il était impressionnant, armé d'une formidable épée capable de trancher en deux l'ennemi le plus terrible, protégé par une armure étincelante qui le faisait paraître invulnérable. Quand Jarnac entra en lice à son tour, une clameur générale de stupéfaction s'éleva : il était équipé d'un justaucorps de cuir, chaussé léger, et n'avait pour toute arme qu'un simple glaive ! Le malheureux n'avait aucune chance, il avait perdu la raison !

Pourtant, dès le début du combat, les plus fervents partisans de La Châtaigneraie sentir le doute les gagner. François de Vivonne, embarrassé par son harnachement, abattait sa lourde épée avec des hans de bûcheron en tentant en vain d'atteindre son adversaire, cependant que Jarnac, virevoltant autour de lui, échappait à tous les coups. Puis soudain, profitant de ce que La Châtaigneraie était déséquilibré par la violence du coup qu'il avait porté dans le vide, Jarnac se glissa derrière lui et lui trancha le jarret en passant son glaive sous la genouillère. Le géant s'écroula, et, incapable de reprendre le combat, dut demander grâce.

 

Quelles conclusions peut-on tirer de cette anecdote historique ?

  • Jarnac a sauvé sa vie parce qu'il a su faire fi des usages et normes du contexte culturel de son époque.
  • Il a su analyser les faiblesses de La Châtaigneraie et élaborer une stratégie adaptée aux circonstances, plutôt que de se désespérer de l'inégalité du combat en se laissant impressionner par les forces de l'autre.
  • Il a su tirer parti de ses propres points faibles.
  • Il a su sortir gagnant du conflit en dépensant un minimum d'énergie, alors que son adversaire s'épuisait en vain.
  • Il n'a pas chercher à porter un coup mortel à son adversaire, et a su se contenter de lui infliger une simple blessure, suffisante toutefois pour l'empêcher de continuer le tournoi.
  • Grâce à cette stratégie, le vaincu s'en est tiré à bon compte lui aussi, puisqu'en vie.

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