Au coeur des projets, les hommes

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Au coeur des projets, les hommes

Où l'absence de soutien-gorge peut perturber le fonctionnement de l’entreprise...

Contrairement au célèbre adage, l'habit fait le moine. Les codes vestimentaires ont certes changé depuis l'an 2000, mais ils restent une réalité incontournable.

 

Bien sûr, il y a les entreprises où l'uniforme est obligatoire, pour des raisons d'hygiène ou de sécurité. C'est aussi un moyen de se faire reconnaître par les autres. Il véhicule l'image de l'entreprise, et peut donner aux salariés le sentiment d'appartenance à une caste.

 

Le film de Spielberg "Arrête-moi si tu peux" (2003), où Leonardo di Caprio incarne un escroc se faisant passer tout à tour pour pilote de ligne, docteur, policier, etc. montre à quel point on fait confiance aux gens d'abord sur leur apparence.

 

L'union des banques suisses n'a pas hésité à diffuser un dresscode complet de 40 pages auprès des salariés :

Dresscode UBS

 

Selon l’Observatoire des discriminations, le choix d’un candidat à un poste dépend pour 82% de son apparence, toutes compétences égales par ailleurs. La communication non verbale tient donc une place très importante... et très codée.

"Les non-codes sont des codes ; le piège serait de sous-estimer le poids des apparences" (Aude Roy, consultante en image).*

 

"Il faut coller à un univers tout en ayant une part de liberté à l’intérieur de l’entreprise mais qui est très réduite", explique Abou Ndiaye, sociologue, spécialiste du vêtement au travail. "Les choses sont beaucoup plus compliquées que par le passé, on pardonne moins les fautes de goût, les manquements. Il ne faut pas s’écarter de ce à quoi on doit correspondre."*

 

On se souvient de cette expérience menée à la prison de Stanford en 1971 par le sychologue Philip Zimbardo, et reprise dans un film de Olivier Hirschbiegel (2000), "L'expérience". Des étudiants sont payés pour vivre pendant deux semaines dans une prison factice, où certains ont le rôle de gardiens et les autres de prisonniers, par tirage au sort. Chacun est bien sûr "habillé" en fonction de son rôle.

 

 Le Code du travail stipule simplement que « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. » (art. L. 1121-1). Quelques jurisprudences ont été fixées par la la Cour de cassation : "Le salarié est libre de se vêtir à sa guise" (Cass. soc., 6 nov. 2001), "Les tenues ne doivent pas être trop décolletées, échancrées ni trop courtes" (Cass, soc., 18 mai 1999), "Le port par une femme d’un chemisier transparent sans soutien-gorge peut perturber le fonctionnement de l’entreprise" (Cass. soc., 22 juillet 2006)...

 

* Tiré de l'article de Laure Dumont et Emmanuelle Souffi, "Les codes vestimentaires au travail", Liaisons Sociales Magazine, septembre 2011.

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