Quelques comportements de résistance au changement...

Publié le par Sirieix

Dans la conduite d'un projet, on est souvent confronté à des résistances. C'est logique : le projet vise à instaurer un changement, et l'on sait bien que tout changement provoque inévitablement des résistances.

Aujourd'hui, nous nous intéresserons à un type particulier de résistances, les résistances psychologiques individuelles. Quelles en sont les causes possibles ? Quels sont les comportements significatifs qu'on peut observer ?

Parlons d'abord des causes de résistances. Rappelons que nous nous plaçons ici uniquement du point de vue de l'individu, et non des groupes. L'Analyse Transactionnelle désigne par le terme de méconnaissance le mécanisme interne, repérable par des indices comportementaux que nous verrons plus loin, qui a pour but d'ignorer ou de dévaloriser tout ou partie d'un problème, afin de rester passif et d'éviter d'avoir à le résoudre.

La méconnaissance peut porter

  • Sur le problème lui-même : on fait comme s'il n'existait pas. Exemples : un pneu est à moitié dégonflé, mais on décide quand même de partir en déplacement. On est malade, mais on dit que tout va bien.
  • Sur les signes ou symptômes du problème : c'est le fait de refuser de reconnaître ces signes ou symptômes. Le bébé crie, la mère monte le son de la radio. Le conducteur sent ses paupières s'alourdirent, sa nuque se raidir, il affirme qu'il peut continuer à tenir le volant.
  • Sur le sens de ces signes ou symptômes : ils sont reconnus, mais on leur donne une signification erronée. La mère dit "c'est la fatigue, il va s'endormir". Le conducteur dit "c'est ma dernière séance de sport qui me donne des courbatures".
  • Sur les options de changement : on ignore (on ne veut pas connaître) les possibilités de résoudre le problème. La mère dit "on n'y peut rien". Le conducteur dit "quoi qu'il en soit, j'ai un rendez-vous". "Il allait me frapper, la seule chose que je pouvais faire était de frapper le premier".
  • Sur les conséquences des options : on biaise volontairement les conséquences possibles d'autres options. "Aller voir le médecin ne changera rien". "M'arrêter un quart d'heure sur une aire pour faire la sieste n'enlèvera pas ma fatigue".
  • Sur sa propre capacité à résoudre le problème : on se sent ou on se croit incapable d'affronter la situation. La mère dit "je n'y peux rien". Le conducteur dit "impossible de déplacer le rendez-vous".

Un bon moyen d'éviter de faire face à ses problèmes et de chercher à les résoudre est la passivité. Ce mécanisme va se traduire par quatre comportements observables :

  1. Ne rien faire : l'individu reste totalement inactif face à la situation problématique.
  2. La suradaptation : elle se manifeste par une apparente bonne volonté. La personne ne se fixe pas d'objectif propre mais cherche à accomplir l'objectif imaginaire de quelqu'un d'autre.
  3. L'agitation : elle se traduit par une activité désordonnée, parfois compulsive, sans but, sans résultat.
  4. La violence ou incapacitation : c'est le plus dommageable des comportements passifs. Il consiste à se rendre incapable de résoudre un problème en tombant malade, en ayant un accident, une dépression...