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113. Quelles règles poser à l'ouverture d'une formation ?

Publié le par Sirieix

113. Quelles règles poser à l'ouverture d'une formation ?

Avant que les participants prennent la parole, par exemple dans le cadre d'une formation à la prévention des risques psychosociaux, il est important de fixer le cadre des échanges pour garantir la protection de chacun vis-à-vis du groupe, protection assurée par le formateur à égalité de droits entre les membres. La finalité des règles explicites de fonctionnement du groupe en formation est

  • de poser le contexte des 3 P (issus de l’Analyse Transactionnelle – Eric Berne, « Que dites-vous après avoir dit bonjour ? »).
    « Ce sigle 3P fait référence à une dynamique entre les états du moi permettant l’expression de la créativité, l’initiative ou l’expérience d’un individu dans des conditions de sécurité et d’encouragement optimales. Le P de Protection représente la fonction du Parent Normatif : cadrer, fixer les règles ou les limites. Le P de Permission représente la fonction du Parent Nourricier: encourager et soutenir le changement, l’expérimentation, l’affirmation de soi. La résultante de ces deux conditions est l’expression de la Puissance de l’individu par l’utilisation combinée de l’Enfant Libre, siège de la créativité, des envies et de la personnalité authentique, et de l’Adulte en prise avec la réalité, les contraintes éventuelles. » (Isabelle Harlé, troisiemevoie.com).
  • de fonder le groupe en tant que tel pour favoriser sa dynamique (A. Blanchet et A. Trognon, « La psychologie des groupes »).
  • Confidentialité : il s’agit de garantir, autant que faire se peut, la confidentialité des échanges. La règle énonce explicitement que les participants et le formateur lui-même s’engagent à ne pas communiquer à l’extérieur du temps et du lieu du stage le contenu des échanges. Pour cette raison, il sera demandé aux participants de ne pas utiliser d’ordinateur, tablette ou téléphone mobile.
  • Bienveillance : chacun est libre de s’exprimer et d’être écouté avec bienveillance.
  • Centration sur le travail et implication active : on expliquera clairement que les risques psychosociaux sont des risques professionnels, et seront à ce titre abordés uniquement en référence à des situations de travail. Le formateur centrera les échanges sur les situations de travail, et évitera, par des techniques de recadrage, les débats déviant sur la responsabilité des acteurs, les jugements de valeur, généralisations ou interprétations.
  • Respect des autres : chacun est invité à éteindre son mobile, son ordinateur, sa tablette.
  • Respect de soi : permission de faire stop si l’on se sent trop engagé, qu’on ne veuille pas aller plus loin sur tel ou tel thème (par exemple, un participant qui se sent trop concerné ou touché par une des situations de travail proposée, parce qu’elle fait écho avec son vécu) ; permission d’intervenir sur le rythme (si ça plane trop…)
  • Accord sur les horaires.

Conformément aux préconisations faites par Beauvois et Joule (« La soumission librement consentie ») dans le cadre de la théorie de l’engagement de Kiesler, les règles ci-dessus seront présentées et explicitées aux participants, qui seront déclarés libres d’y adhérer ou non, auront la possibilité de les discuter ou de les amender, mais une fois les règles validées, devront prendre l’engagement oral public de s’y conformer.

De cette façon, on sait qu’on augmente le lien entre les personnes et leur comportement, donc la probabilité que les règles soient effectivement respectées.

Faut-il rappeler l'importance qu'il y a à fixer un cadre à l'avance dans le cas d'une réunion, comme l'explique l'article "Sans cadre, imaginez le tableau !" ?

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Fixer des règles à l'ouverture d'une formation

Publié le par Sirieix

Avant que les participants à un stage de formation prennent la parole, il est important de fixer le cadre des échanges pour garantir la protection de chacun vis-à-vis du groupe, protection assurée par le formateur à égalité de droits entre les membres. La finalité des règles explicites de fonctionnement du groupe en formation est

  • de poser le contexte des 3 P (issus de l’Analyse Transactionnelle – Eric Berne, « Que dites-vous après avoir dit bonjour ? »). « Ce sigle 3P fait référence à une dynamique entre les états du moi permettant l’expression de la créativité, l’initiative ou l’expérience d’un individu dans des conditions de sécurité et d’encouragement optimales. Le P de Protection représente la fonction du Parent Normatif : cadrer, fixer les règles ou les limites. Le P de Permission représente la fonction du Parent Nourricier: encourager et soutenir le changement, l’expérimentation, l’affirmation de soi. La résultante de ces deux conditions est l’expression de la Puissance de l’individu par l’utilisation combinée de l’Enfant Libre, siège de la créativité, des envies et de la personnalité authentique, et de l’Adulte en prise avec la réalité, les contraintes éventuelles. » (Isabelle Harlé, troisiemevoie.com).
  • de fonder le groupe en tant que tel pour favoriser sa dynamique (A. Blanchet et A. Trognon, « La psychologie des groupes »).
  • Confidentialité : il s’agit de garantir, autant que faire se peut, la confidentialité des échanges. La règle énonce explicitement que les participants et le formateur lui-même s’engagent à ne pas communiquer à l’extérieur du temps et du lieu du stage le contenu des échanges. Pour cette raison, il sera demandé aux participants de ne pas utiliser d’ordinateur, tablette ou téléphone mobile.
  • Bienveillance : chacun est libre de s’exprimer et d’être écouté avec bienveillance. Il sera rappelé que la protection de la parole des personnes présentes en formation est garantie expressément par la convention de formation (Cf. ci-dessus).
  • Focalisation sur le travail et implication active. Le formateur centrera les échanges sur les situations de travail, et évitera, par des techniques de recadrage, les débats déviant sur la responsabilité des acteurs, les jugements de valeur, généralisations ou interprétations.
  • Respect des autres : chacun est invité à éteindre son mobile, son ordinateur, sa tablette.
  • Respect de soi : permission de faire stop si l’on se sent trop engagé, qu’on ne veuille pas aller plus loin sur tel ou tel thème ; permission d’intervenir sur le rythme (si ça plane trop…)
  • Accord sur les horaires.

Conformément aux préconisations faites par Beauvois et Joule (« La soumission librement consentie ») dans le cadre de la théorie de l’engagement de Kiesler, les règles ci-dessus seront présentées et explicitées aux participants, qui seront déclarés libres d’y adhérer ou non, auront la possibilité de les discuter ou de les amender, mais une fois les règles validées, devront prendre l’engagement oral public de s’y conformer.

De cette façon, on sait qu’on augmente le lien entre les personnes et leur comportement, donc la probabilité que les règles soient effectivement respectées.

Une fois les règles présentées, discutées, adoptées, le cadre des échanges est posé, et les membres du groupe sont plus à l'aise pour interagir au sein de ce cadre.

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Influence de la place des interlocuteurs sur la communication

Publié le par Sirieix

Au cours de mon expérience professionnelle (en construction depuis 32 ans), j'ai pris conscience de l’influence de la disposition spatiale, de la place de chacun, sur les jeux de communication, par exemple lors des discussions de groupe. Le fait de s’asseoir à une certaine place autour de la table de réunion semble déterminer en partie le style des interactions qu’a un individu, compte tenu de son statut social réel ou supposé, avec son voisin de droite, son voisin de gauche, son vis-à-vis ...

La disposition spatiale des participants à une réunion a-t-elle une influence sur la façon de communiquer ?

Partant du point de vue de la pragmatique inférentielle, qui suppose à toute communication un enjeu, les rôles que les interlocuteurs peuvent être amenés à jouer pour gagner cet enjeu peuvent-ils être influencés par leur place ?

L’importance de l’espace sur les communications interpersonnelles lors d’une réunion peut être analysée sous deux angles, selon que l’on considère l’espace en tant que territoire personnel – on rejoint alors l’idée de volume abordée précédemment –, ou l’espace en tant que référent égocentrique – alors l’idée de lieu est prééminente.

La place qu’occupe une personne peut être vue comme un aspect du métalangage par lequel la personne donne à entendre son intention communicative. Elle peut aussi déterminer un certain style de communication, en rapport avec l’espace alloué à la personne, avec son voisinage, avec sa distance par rapport au pouvoir.

L’espace comme territoire personnel

L’espace vu comme une extension du territoire personnel apparaît comme fortement associé au pouvoir ou à l’allégeance au pouvoir, aux stratégies de domination ou de soumission. On peut prédire que l’individu qui s’approprie l’espace de manière expansive, c'est-à-dire qui cherche à étendre sa sphère personnelle au détriment de celle des autres, aura comme enjeu d’imposer sa vision du monde. Il y aura une probabilité non négligeable qu’il cherche à imposer son point de vue, qu’il fasse usage de la figuration comme moyen d’agression afin d’assurer sa domination, qu’il montre par divers aspects un comportement directif.

Dans le même ordre d’idées, un comportement de soumission ou d’allégeance, de recherche de protection, sera prédictible, tous facteurs considérés, pour les sujets qui occuperont les places proches du pouvoir. Ils acceptent volontairement de “faire don” de leur volume d’espace, et attendent en échange que le pouvoir leur permette de “sauver la face”, de faire “bonne figure”, selon les termes de Goffman ("Les rites d'interaction", 1974).

Ainsi, l’utilisation qu’un individu fait de l’espace, pris comme volume ou quantité, entre dans une stratégie plus globale de communication de cet individu, par rapport à son enjeu.

L’espace comme référent égocentrique

Moles et Rohmer ("Labyrinthes du vécu", 1982) expliquent que la notion d’espace évoque aussi l’idée de lieu. Ainsi, chaque acteur a son propre référent égocentrique : “la place d’où je parle”, ce qui peut se comprendre comme « si j’étais à une autre place, je m’exprimerais différemment ». A partir de la notion de centralité de Fischer ("La psychologie de l'espace", 1981), on peut dire que chacun est le centre de son espace comportemental, et cette perception organise une topologie personnelle où les autres sont ressentis comme allié (allant dans le même sens) ou comme obstacle (s’opposant). En réunion, la sphère individuelle est un espace qui s’étend plus vers l’avant que sur les côtés. Ceci explique que la sphère de celui qui est en face soit perçue comme dangereuse, la probabilité d’un conflit étant alors plus forte, alors que celle de son proche voisin est ressentie comme parallèle, donc moins dangereuse.

C'est pourquoi on aura intérêt, lors des réunions, à limiter les risques de conflit entre les personnes d’avis contraires, en les invitant à s’asseoir côte à côte plutôt que face à face.

La place comme information communicative d’une intention

On peut aussi considérer la place comme un facteur porteur d’une intention communicative.

Par exemple, en se plaçant à la base du U, un directeur laisse aux autres le soin d’inférer son intention de “tenir les rênes” de la discussion. Le taux des échanges orientés vers lui lui apportera la preuve que cette inférence a bien été faite. En occupant la place centrale (centralité qu’il peut accentuer en poussant sa table vers le milieu de l’espace de la réunion), il est de fait amené à parler plus souvent et plus longtemps que les autres, puisqu’il s’est érigé en point de passage obligé des interactions.

En instaurant ostensiblement une distance entre eux et le centre de la réunion, certains participants témoignent également d’une intention communicative. La signification en est différente pour chacun : pour l'un, il s’agit de “prendre de la distance” par rapport à la direction et aux décisions autoritaires du patron; un autre laisse à entendre qu’il veut rester “en dehors” des événements, qu’il n’est pas concerné par la discussion.

Un individu, quand il en a la liberté, choisit sa place en réunion en vue de transmettre une certaine intention communicative.

La place comme déterminant d’un style de communication

L’individu qui participe à une réunion ou à une rencontre ne peut pas toujours choisir sa place. Quelquefois, elle lui est imposée, pour diverses raisons : hiérarchiques, liées à son statut, fonctionnelles, physiques (déficience auditive ou visuelle, par exemple), etc., ou tout simplement parce qu’il ne reste pas d’autres places libres.

Il reste que la participation d'une personne aux jeux de communication est fonction de sa place, tous les autres facteurs étant égaux par ailleurs. Ainsi, en réunion, celui qui veut laisser la parole aux autres, et donner à voir une attitude d’écoute afin de faciliter l’expression de chacun, aura à cœur de s’écarter physiquement du centre de gravité de la rencontre, de libérer l’espace physique pour faire comprendre qu’il libère l’espace de parole.

Limites

Je n’ai pas la prétention de démontrer l’influence primordiale de l’organisation et de la gestion de l’espace sur les communications en réunion. Toutefois, j’espère avoir apporté un éclairage sur ce facteur souvent négligé, et pourtant si facile à exploiter.

Il ne faut cependant pas perdre de vue qu'il y a un très grand nombre de facteurs qui interviennent, et qui, chacun, ont leur poids :

  • les facteurs psychologiques : caractéristiques propres de l’individu, son âge, ses croyances, son sexe, sa disposition d’esprit au moment de la réunion, ses affinités ou aversions envers les autres membres... ;
  • les facteurs sociaux : le statut social de chaque membre, l’histoire du groupe, la culture de l’entreprise... ;
  • les facteurs spatio-temporels : le moment et le lieu de la réunion, sa durée... ;
  • les facteurs conjoncturels : l’objectif de la réunion, la période de l’année, le contexte économique, politique, etc. dans lequel elle s’inscrit...

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Sans cadre, imaginez le tableau !

Publié le par Sirieix

Le problème est le même, au niveau de l'entreprise, ou bien au niveau de l'individu : à quoi sert de définir une stratégie si l'on ne sait pas quel objectif on vise ? A quoi sert de fixer un objectif s'il n'est pas sous-tendu par un cadre solide ? "Il n'est pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port" - la sentence de Sénèque ne date pas d'hier, mais reste d'actualité.

 

Il était une fois un souriceau qui, en cherchant des graines sous la terre d'un jardin, découvrit une bourse pleine de pièces d'or. Ravi de l'aubaine, il sauta et dansa de joie autour de son trésor, puis se demanda ce qu'il allait bien pouvoir en faire. Toutefois, comme il n'est pas dans la nature du souriceau de passer des heures en réflexion, il pris rapidement sa décision : il allait partir de sa souricière, quitter sa famille et ses amis, pour découvrir le vaste monde ! Vaste projet s'il en fût ! Il se mit donc en chemin après avoir préparer son baluchon : quelques croûtes de fromage bien rances, et sa bourse. En chemin, il rencontra un lapin qui lui dit :

- Souriceau, si loin de chez toi, où vas-tu donc d'un pas si décidé ?

- Je m'en vais découvrir le vaste monde.

- Si tu me donnes une pièce d'or, je t'y mènerai plus vite en te portant sur mon dos jusqu'à la lisière de la forêt.

Ainsi fut fait. Le souriceau, ravi de gagner du temps, grimpa sur le lapin, et atteignit la forêt en quelques bonds. Puis, avoir avoir remercié et payé le lapin, le souriceau entra dans la grande forêt sombre.

Il marcha longtemps, longtemps, et il commençait à sentir son moral baisser quand il rencontra un renard.

- Souriceau, si loin de chez toi, où vas-tu donc d'un pas si décidé ?

- Je m'en vais découvrir le vaste monde.

- Si tu me donnes une pièce d'or, je t'y mènerai plus vite en te portant sur mon dos à travers la forêt jusqu'à l'océan.

Ainsi fut fait. Le souriceau, tout heureux de se reposer, s'accrocha au cou du renard qui partit comme une flèche. Quand ils arrivèrent sur une grande plage de sable et de vase, le souriceau paya le renard et le remercia, puis se dirigea d'un pas décidé vers les vagues.

Il entra dans la mer et commença à nager. Au bout d'un moment, un requin émergea devant lui et lui dit :

- Souriceau, si loin de chez toi, où vas-tu donc d'une brasse si décidée ?

- Je m'en vais découvrir le vaste monde.

Le requin ouvrit alors grand sa gueule bardée de plusieurs rangées de dents acérées, et avala le souriceau d'un seul coup en ricanant :

- C'est par là !

 

Pourquoi cette collectivité a-t-elle mis en place des stages de formation au management participatif, alors que rien n'est fait par ailleurs pour en favoriser la pratique ?

Pourquoi cette entreprise veut-elle faire une enquête auprès de son personnel ? Quelles décisions prendra-t-elle en fonction des résultats, et dans quel but ?

Pour cet étudiant veut-il à tout prix continuer ses études et collectionner diplôme après diplôme ?

 

Sans cadre, toutes ces actions, celle du souriceau, de l'entreprise, de la collectivité, de l'étudiant, n'ont pas de sens.

 

Alors comment poser un cadre qui donne du sens à l'action, qui en fixe les limites, qui la contienne tout en la renforçant ? Ce cadre, le Cadre de Référence Fondamental (merci à M. Henri de Lassus, mon professeur) se définit en fonction de trois points :

  • Il s'agit d'abord d'énoncer clairement sa vocation, celle de l'entreprise(p. ex. conditionner des fruits et légumes), celle de l'étudiant (créer son entreprise de conditionnement), celle de la collectivité...
  • De là, il faut expliciter le pourquoi de cette vocation, la finalité. Attention à ne pas tomber dans le piège de la facilité en évoquant le profit (... certes, mais pourquoi de cette façon ?) Exemple de finalité pour une entreprise viticole : faire fructifier un patrimoine pour le léguer à ses descendants.
  • Enfin, on décrira la manière particulière, le style, les valeurs... bref, l'éthique qui caractérise les choix faits par l'individu, l'entreprise, la collectivité... pour mettre en oeuvre sa vocation et atteindre sa finalité.

Ce cadre de référence fondamental deviendra l'axe autour duquel on pourra élaborer une vision partagée, une gestion du temps par priorités, une bonne communication interne et externe...

Herzberg recommandait de donner du sens au travail pour développer la motivation des salariés : c'est à celà aussi que sert le cadre de référence fondamental.

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