21 Juillet 2011
Lors de mes interventions sur la communication interpersonnelle, cette remarque revient de façon récurrente : "Mais c'est de la manipulation !" Elle peut survenir lorsque je présente la théorie de la soumission librement consentie (Joule et Beauvois, 1998), les techniques de PNL (Cf. l'article "Dis-lui oui Andy" dans ce blog), l'ensemble des recherches sur la psychologie de la soumission et de la manipulation (Gueguen, 2002)...
Qu'est-ce que la manipulation ? Dans le domaine de la communication, la manipulation, selon le Larousse, est "l'action d'orienter la conduite de quelqu'un, d'un groupe dans le sens qu'on désire et sans qu'ils s'en rendent compte".
Mais qu'est-ce que "communiquer", sinon de "tenter de devenir le maître des enjeux qui se jouent dans toute interlocution" (Ghiglione, 1986) ? Autrement dit, la communication entre les personnes n'est-elle pas elle-même un outil de manipulation ?
Posons les axiomes de départ :
Par conséquent, ce que je dis (les mots que je choisis, le contexte dans lequel je prends la parole - moment, lieu, public -, la façon dont je m'exprime, les gestes et mimiques qui accompagnent mon énoncé...) vise à réaliser mon intention, qui peut être de vous convaincre, de vous amener à faire quelque chose, de vous imposer mon point de vue, etc. Les psychanalystes savent bien que nous communiquons notre intention même à notre insu par les lapsus ou les actes manqués.Comme le disait Leibniz, "la langue est le meilleur miroir de l'esprit humain".
L'enfant qui pleure pour vous attendrir, l'amoureux (l'amoureuse) qui prend une voix toute "sucre et miel" pour vous séduire, le politique qui martèle la promesse d'un monde meilleur sont-ils des manipulateurs ?
On comprend que la limite est ténue entre communication et manipulation...
La controverse est lancée, et j'espère nombreuses les contributions.